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Patrimoine Trésors et curiosités du Fonds Patrimonial Les collections des grands hôtels hyérois

Les collections des grands hôtels hyérois

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Ses superbes paysages, la qualité et la beauté de sa végétation, et son climat idyllique, ont très tôt fait d'Hyères une destination privilégiée des touristes, français tout d'abord, issus des familles de la noblesse d'Ancien Régime, avant que ceux-ci soient remplacés, à partir de 1880, par l'important contingent britannique, transformant la ville en station hivernale pour « anglais », malgré la présence de vacanciers d'autres nationalités, comme les russes ou les polonais.

 

Durant les dernières années du XIXe siècle et jusqu'à la Grande Guerre, d’octobre à mai, nobles et aristocrates britanniques en quête de soleil ou malades des poumons (persuadés du bienfait des températures clémentes sur leurs problèmes pulmonaires), mais aussi célébrités et monarques se succèdent dans les rues hyéroises, formant ainsi un singulier bataillon d'hivernants qu'il s'agit de loger.

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Pensions de famille, villas et hôtels modestes s'érigent et modifient le visage de la ville. Mais il faut voir plus beau, plus grand. Aussi, à partir des années 1850, de sublimes palaces sortent-ils de terre : Grand Hôtel des Îles d'or (devenu un immeuble d'habitations), l'Hôtel du Parc (l'actuel Park Hotel), puis, durant la grande période touristique au croisement des décennies 1880 et 1890, les Grands Hôtels de Costebelle – Hôtel de l'Ermitage, Grand Hôtel de Costebelle et Grand Hôtel d'Albion –, auxquels s'ajouteront notamment le Grand Hôtel des Palmiers (aujourd'hui le lycée Jean-Aicard) et quelques autres encore, jusqu'en 1905 pour le Golf Hôtel.

Bien que ces palaces peuvent compter sans trop de crainte sur les jardins et les plages d’Hyères pour attirer leur clientèle, c'est tout un savoir-faire qu'il faut implanter et développer sur la commune : celui du tourisme. Les bâtiments s'équipent alors afin de répondre aux demandes des hivernants habitués à un certain standing et friands de loisirs. Et à cette époque, la lecture est (encore) une occupation privilégiée de la clientèle aisée, si ce n'est sa principale. En toute logique, les palaces vont se doter de bibliothèques qui, afin de rappeler s'il le faut quel est le public visé, sont constituées presque uniquement d'ouvrages que l'on qualifierait aujourd'hui de classiques, évidemment en langue anglaise.

Si, par exemple, la bibliothèque du Grand Hôtel des Palmiers est composée de livres apparemment issus d'autres collections d'hôtels (Grimm's Park Hotel) ou d'églises (St Paul's Church Library), et, de ce fait, ne contiennent pas de signe distinctif ; si, justement, le Grimm's Park Hotel va créer sa propre collection de livres, édités à l'origine par l'Oxford University Press de 1904 à 1908, puis confiés à un relieur afin d'y apposer l'identité de l'hôtel, la création et la gestion des collections des Hôtels de Costebelle apparaissent plus singulières, certainement en raison des particularités desdits hôtels, parfaits symboles de ce tourisme britannique.

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En 1875, Alexandre Peyron rachète une petite pension familiale sur la colline de Costebelle et la transforme en hôtel de luxe, l'Hôtel de l'Ermitage, puis il fait construire à proximité le Grand Hôtel de Costebelle qui ouvre ses portes en 1881. Cinq ans plus tard, en 1886, toujours sur la colline de Costebelle, un troisième bâtiment est inauguré, cette fois-ci grâce aux capitaux financiers de l'épouse anglaise d'Alexandre Peyron, Emily Jane Churchman, et ceux d'une compagnie britannique. Bien qu'Alexandre Peyron en soit également propriétaire, les actionnaires principaux sont des lords anglais et le vice-consul britannique à Hyères, Corbett, tandis que ce sont les frères d'Emily Jane Churchman qui gèrent l'hôtel.

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Les trois hôtels de Costebelle, premiers palaces de la Côte d'Azur, sont réunis en un ensemble de 250 chambres autour de somptueux jardins et, outre un parcours de golf descendant jusqu'à l'Almanarre, des courts de tennis, des terrains de croquet et de badminton et une piscine qui offrent au site des infrastructures sportives d'exception, proposent des intérieurs luxueux (chauffage et électricité, grandes chambres ou appartements privés, restaurant et salle à manger prompts aux mondanités) afin d’attirer l'aristocratie de toute l'Europe, mais aussi les plus grands artistes et les plus hautes personnalités – la reine Victoria y séjourna du 21 mars au 25 avril 1892 ! – qui peuvent alors profiter d'une bibliothèque de 5000 volumes.

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Pour la plupart acquis auprès de (ou cédés par) l'English Library and Reading Rooms Hyères, dont on peut ainsi découvrir le règlement – ce qui acte la présence, à Hyères, d'une librairie/bibliothèque uniquement en langue anglaise –, les ouvrages sont séparés et se distinguent en fonction de leur hôtel d'appartenance : reliure et couverture au nom de l'édifice pour l'Hôtel d'Albion, tampons particuliers pour l'Ermitage (au nom d'Alexandre Peyron) ou le Grand Hôtel de Costebelle (avec la date d'entrée dans la collection). Mais, à l'instar des grands hôtels hyérois qui les ont précédés ou qui les suivront, les hôtels de Costebelle proposent à leur clientèle des œuvres de renoms, britanniques pour la très grande majorité : de Defoe à Brontë, en passant par Dickens et Thackeray, pour les plus distrayantes ; des mémoires de Richard Jefferies à celles d'Edward Howard Marsh, en passant par un essai de Walpole et une étude consacrée à Dante, pour les plus exigeantes ; sans oublier la poésie de Milton ou celle de Wordsworth... Un panel de titres qui en dit long sur ce qu'était, à l'époque, une lecture de vacances, aussi merveilleuses puissent-elles être sous le soleil d'Hyères et l'ombre des palmiers.

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