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Patrimoine Patrimoine local et régional Les hivernants botanistes de Costebelle

Les hivernants botanistes de Costebelle

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Si Jacques Nicolas Ernest Germain de Saint-Pierre (1814-1882) et son château néo-médiéval de Saint-Pierre-des-Horts constituaient la partie plus excentrique des botanistes en villégiature d'hiver à Hyères, d'autres hivernants, plus discrets mais tout aussi actifs s'affairaient dans leurs jardins voisins de Costebelle pour tenter d'acclimater des plantes, des arbres encore rares en cette deuxième moitié du XIXème siècle.

 

Le premier d'entre eux, Gustave Bonnet (1810-1875), a d'abord été inspecteur général des Ponts et Chaussées de la ville et Directeur de la voirie à Lyon. Homme multiple, il est également peintre, sculpteur, dessinateur et responsable des espaces verts de la capitale rhodanienne et à ce titre, il est nommé directeur du jardin botanique de Lyon (1859-1870). Par la suite, il va aménager le Parc de la Tête d'Or qui englobe le jardin botanique, devenir son premier directeur et diriger la construction des grandes serres dont certaines seront plantées d'agaves. Dès l'époque de sa nomination à la tête du jardin botanique lyonnais, il devient membre de la Société Impériale d'Acclimatation.

 

Gustave Bonnet portrait

Gustave Bonnet

(1810-1875)

 

Gustave Bonnet est également propriétaire d'une villa à Costebelle, la Ville Marguerite, qui va lui servir de parc d'acclimatation et qu'il va planter de nombreux plantes rares dont les palmiers Jubaea spectabilis, Cocos australis, Brahea dulcis ou encore un Sabal adansoni que les chroniques dans les revues spécialisées ("Revue Horticole" ou "Bulletin de la Société Impériale d'Acclimatation") présentent comme étant les plus beaux des environs. Son jardin compte aussi de nombreux autres palmiers, plus communs, ainsi qu'une riche collection d'agaves, un genre qu'il apprécie particulièrement depuis qu'il en a plantées dans les serres de Lyon. Il va aussi être l'un des premiers européens à tenter d'acclimater l'Acacia homalophylla dont les graines proviennent - par un intermédiaire - du Baron Ferdinand von Mueller (1825-1896), un très célèbre botaniste et explorateur allemand à qui l'on doit l'introduction de l'Eucalyptus globus sur les côtes européennes.

 

À sa retraite, il se retire définitivement à Hyères, où il décède en 1875. La villa a depuis été reconvertie en centre social.

 

 

Plantier de Costebelle

 Villa "Les Palmiers" en 1863

 

 

 

À quelques distances seulement de la Villa Marguerite, se trouve à cette époque une autre adresse importante de l'acclimatation dans le quartier de Costebelle. Il s'agit de la villa "Les Palmiers" du baron de Prailly, une construction de 1857 d'inspiration néo-palladienne. Son propriétaire va faire planter dans le parc plusieurs représentants de la famille des palmiers, certains communs, d'autres bien plus rares. Ainsi se côtoient Phoenix dactylifera, Chamaerops humilis et excelsa, Jubaea spectabilis, Livistonia sinensis et Sabal umbraculifera. Le baron de Prailly ne se contente pas de palmiers, il va aussi planter des Yucca, des Dracaena, des Dasylirion, des Beschorneria, des Agaves ou encore des Araucaria bidwili et cunninghami.

A l'instar de son voisin Gustave Bonnet, certaines plantes de la Ville "Les Palmiers" seront choniquées dans la "Revue Horticole" dont notamment une plante vendue sous le nom de Yucca filifera dont l'inflorescence anormale fera l'objet d'un article en 1876.

 

prailly

 

La villa connaîtra son heure de gloire en 1892 avec le court séjour de la Reine Victoria en attente de prendre ses quartiers dans les hôtels de Costebelle. Rachetée en 1896 par Paul Bourget, la maison devient "Le Plantier" dont le jardin est aujoud'hui encore labellisé "remarquable" en partie grâce aux végétaux plantés par le baron de Prailly.